Œuvre No. 15 / 33

Harmonie Végétale

Je contemple cette image, douce esquisse végétale posée sur un fond ivoire, une forme organique, délicate, qui murmure l’harmonie sans en dire le nom — 13 Avril 2025, à 22h11

Je suis là, face à cette silhouette végétale, comme un fragment de silence capturé. Il est 22h11, et la nuit enveloppe doucement L’Isle-Jourdain. Une brise légère me caresse, douce comme une page de buvard humide que je viens de poser. Le thermomètre d’avril murmure 14 °C — juste assez pour que la couverture que j’ai abandonnée sur le canapé me rappelle sa présence.

Dans ma tête, le monde est en déchirure. Des enfants tombent sous les ordres des balles à Sumy. À Gaza, on muselle les hôpitaux avec des débris. En France, des prisons vibrent sous les flammes et les tirs. C’est un monde en déséquilibre — les fondations de nos sociétés ébranlées.

Ce dessin végétal, il me parle d’autre chose. De recommencement, de sève qui circule. Une feuille abstraite qui jaillit du silence, décrivant une courbe organique, suspendue. Je la contemple, je l’ai peinte peut-être — ou je l’ai laissée surgir sur mon iPad, comme un écho sensible du monde que je voudrais voir pousser autrement.

Mes enfants dorment sûrement. Mon fils, à presque 2 mètres, endormi dans le calme après une session de boxe ou une partie de jeu vidéo. Il est calme, réfléchi, cette force tranquille qui fait vibrer mon quotidien sans bruit. Ma fille, dans son refuge de musique et de crayons, peut-être trace-t-elle encore les contours de demain — des ongles colorés, une écoute, une mélodie qu’elle fredonne entre deux traits.

Je pose mon iPad. J’effleure les cordes de ma guitare. Juste un accord, imparfait, maladroit. Mais qui tient la promesse d’un refrain — fragile, électrique, vivant.

Les ondes de douleur du monde s’infiltrent jusqu’ici, mais je riposte par cet élan discret. Par la feuille suspendue, je dépose une note de grâce dans la nuit. Une présence douce contre le tohu-bohu. Un geste silencieux mais nécessaire : créer, aimer, tenir.